
Aidant familial : retrouver sa place auprès d'un proche malade

Maud Bénier-Pagès
Gestalt Praticienne · Lyon
Quand l'autre passe toujours avant vous
Vous êtes présent, attentif, engagé auprès de votre proche. Vous donnez de votre temps, de votre énergie, parfois bien au-delà de ce que vous pensiez possible.
Puis quelqu'un demande : « Et toi, comment vas-tu ? » et les larmes montent.
Ce tableau est très courant chez les aidants familiaux. À force de s'adapter aux besoins de ce proche fragilisé, la place laissée à vos propres besoins se réduit peu à peu.
Ce que vous pouvez reconnaître
- Une fatigue qui ne disparaît pas vraiment après une nuit de sommeil
- Une culpabilité dès qu'un moment est pris pour soi
- De l'irritabilité, parfois suivie de honte
- L'impression que personne ne voit tout ce que vous portez
- Des difficultés à vous projeter, à faire des projets, même modestes
Ces ressentis doivent vous alarmer, ils disent que vous donnez beaucoup, depuis longtemps, trop longtemps… Je sais précisément ce que vous vivez, un jour j'ai été à votre place et c'est à ce moment là que j'ai découvert la Gestalt thérapie.
Ce que la Gestalt peut proposer
En tant que Gestalt praticienne à Lyon, je m'intéresse à ce qui se passe ici et maintenant : dans votre corps, dans vos émotions, dans votre façon d'être en relation avec votre proche et avec votre entourage.
Nous explorons à votre rythme ce que vous ressentez, ce dont vous avez besoin, ce qu'il vous est difficile de dire. Il ne s'agit pas de vous indiquer quoi faire, ni de remplacer l'avis de l'équipe médicale.
Certaines personnes trouvent qu'un espace où déposer la colère, la tristesse ou la lassitude, sans être jugé, peut contribuer à alléger un peu ce poids.
Retrouver une place : repères et exercice simple
Trouver sa place d'aidant, ce n'est pas en faire moins. C'est reconnaître que vous existez aussi, avec des limites, des besoins et des envies.
Prendre soin de soi n'est pas retirer quelque chose à l'autre. C'est parfois la condition pour rester présent dans la durée.
Exercice : trois minutes pour revenir à vous
Vous pouvez le pratiquer assis, dans la cuisine, dans la voiture à l'arrêt ou dans une salle d'attente.
- Posez les deux pieds au sol et sentez leur appui pendant 30 secondes.
- Expirez lentement par la bouche, 5 fois de suite, en allongeant un peu l'expiration à chaque fois.
- Balayez votre corps pendant 60 secondes : mâchoire, épaules, ventre, mains. Notez simplement où il y a de la tension, sans chercher à la changer.
- Posez-vous une question à voix basse ou par écrit : « De quoi ai-je besoin, là, maintenant ? » Laissez venir une réponse, même minuscule (un verre d'eau, un appel, cinq minutes de silence).
- Choisissez une petite action réalisable dans l'heure qui suit.
Si rien ne vient, c'est possible aussi. Cela peut simplement indiquer que vous avez perdu l'habitude de vous écouter.
Quelques repères au quotidien
- Nommer vos limites à un proche, un médecin ou un travailleur social, plutôt que de les dépasser en silence
- Accepter des relais : famille, amis, associations d'aidants, dispositifs de répit proposés près de chez vous
- Garder un petit rituel qui n'a rien à voir avec la maladie : une marche, une musique, un café avec quelqu'un
- Parler de la culpabilité à une personne de confiance, sans la juger
Ces pistes ne remplacent pas un accompagnement. Votre médecin traitant peut aussi faire le point avec vous sur votre propre santé.
Quand consulter ?
Vous pouvez envisager de consulter si vous vous reconnaissez dans l'une de ces situations :
- Vous vous sentez épuisé depuis des semaines, même quand vous vous reposez
- La culpabilité ou la colère prennent beaucoup de place et vous n'osez pas en parler
- Vous avez le sentiment de vous être oublié au fil des mois
- Votre sommeil, votre appétit ou votre humeur se modifient durablement
- Les relations avec votre proche ou avec votre famille deviennent tendues
Dans mon cabinet à Lyon, je vous accueille sans jugement pour explorer ce que vous vivez, à votre rythme. L'accompagnement en Gestalt ne se substitue ni à un suivi médical ni à un suivi psychologique ou psychiatrique.
Si vous ressentez une détresse importante ou des idées sombres, parlez-en rapidement à votre médecin ou contactez les services d'urgence (le 15 ou le 112). En France, le 3114 est joignable à tout moment.